Les égarées

Hubert Hervé romance Séné et la Bretagne

 

Auteur de livres dont l'action se déroule en Bretagne, Hubert Hervé, 67 ans, qui demeure depuis une douzaine d'années à Montsarrac, est l'un des auteurs les plus renommés de Séné.

 

Portrait

 

Une enfance à Arradon

Ayant vécu une bonne partie de son enfance à Arradon, Hubert Hervé y a placé l'intrigue de ses premiers romans.

Son premier livre, intitulé Les Cassures infantiles, prend place dans le château de Porcé. Ce manoir arraisonnais, construit par le comte de La Révelière au XIXè siècle, fut entièrement détruit par les Allemands en 1945. Le livre est le premier trilogie, qui prend fin sur des épisodes sombres de la libération. Il y relate également, d'après des faits réels, l'histoire de résistants sur le point d'être fusillés par la Gestapo, qui s'en sortent par miracle en se jetant à l'eau.

Les attaches arradonnaise d'Hubert Hervé l'ont amené à baptiser les éditions qui publient ses livres, en même temps que ceux de quatre autres écrivains de la région, les éditions Mané huily, du nom d'un lieu dit arradonnais où il a séjourné.

 

Une chronique rennaise

Son métier à la Poste l'a amené à habiter tour à tour à Lorient, dans le Maine-et-Loire et à Rennes, ce qui lui inspire la rédaction de chroniques rennaises. En plus de 80 épisodes, il raconte toute une série d'histoires policières, qui se déroulent dans la capitale bretonne.

" l'héroïne de ce livre est une jeune femme, lieutenant de police, Ederne Zubiri, une personne encombrée de problèmes personnels, comme beaucoup de personnages de mes romans, que j'ai souhaité présenter avec leurs difficultés comme avec leurs réussites", explique-t-il.

 

Une série de romans policiers

Hubert Hervé a écrit cinq romans policiers, dont l'action démarre régulièrement à Vannes, ou à Séné, comme dans La chimère, centré autour d'un capitaine de gendarmerie, Emile Lacontelli.

Clin d'oeil à ses héros, Lacontelli doit travailler en collaboration avec Ederne Zubiri, dans son dernier roman Les égarées. L'intrigue naît à Séné et se poursuit à La Rochelle.

"J'ai senti dans cette ville, l'âme de Georges Simenon, dont je me suis beaucoup inspiré, et aussi celle de l'explorateur Charcot, ou du commandant Cousteau" indique-t-il. La suite de cette série, dont la publication est attendue, début 2018, se déroulera, en grande partie dans le village de Montsarrac.

Les ouvrages d'Hubert Hervé sont disponibles dans les grandes libraires de Vannes ou de Rennes ou par commande, sur internet, à www.editionsmanehuily.com

 

Hubert De Quillacq Ouest France 15 août 2017

 

 

 

Cédric

Le destin de Cédric

 

Après "JOS" il y a quelques mois, l'auteur sinagot Christian Hersan sort un nouveau roman : "Cédric". Au fil des pages, on accompagne le héros depuis les premières années de son enfance insouciante en pays nantais en 1939 jusqu'au temps de l'errance à Séné après une blessure pendant la guerre d'Algérie.

"Pour la famille, j'avais envie de raconter l'histoire de mon père. Sa manière de résister n'est pas dans les livres d'histoire. Il n'a rien fait d'extraordinaire, mais je suis fier de lui", raconte l'auteur. Une histoire qui pourrait se résumer par l'expression : " rouler dans la farine". "L'autobiographie est à manier avec précaution, pour ne pas s'enliser dans la routine ou se contenter de la banalité".

 

Roman, révolte et rimes

 

Christian Hersan a donc gardé sa liberté de plume pour donner de la profondeur au destin de "Cédric". Le roman est donc aussi une double histoire d'amour. Celle du jeune philosophe et d'une jolie volleyeuse aux sourcils en ailes de mouette, mais aussi celle de l'auteur pour sa planète. "J'aurais pu faire un essai sur la vanité du progrès à l'excès, sur l'absurdité de la société de consommation et de la croissance. J'ai préféré le roman". Sans doute pour le plaisir de la langue, pour dépeindre les paysages qu'il aime arpenter chaque jour. Sans doute également pour pouvoir lever le voile avec plus d'émotion sur la guerre d'Algérie et ne pas en laisser le récit de ces "évènements" aux seuls historiens. Le roman lui permet enfin de donner, de temps à autre, la parole directement à Cédric qui trouve dans la poésie une soupape à ses émotions.

Grand amoureux des langues, Christian Hersan continuera sans doute dans la voie du roman, mais un autre sujet lui tient pour l'instant à coeur. "Depuis des années, je pense à un livre sur la défense de la langue française..." Devant le raz-de-marée des anglicismes, ce sera le prochain combat de sa plume.

 

                                                                                         Catherine Lozach, Le Télégramme du 17/01/2017, édition de Vannes.

 

 

Christian Hersan met cap sur le roman.

Depuis qu'il est à la retraite, Christian Hersan assouvit avec assiduité sa passion pour l'écriture. Un engouement qui prend des formes aussi variées que les fables ou les maximes, les nouvelles ou le glossaire. Le Sinagot vient de publier un roman.

L'essentiel de votre oeuvre est composé de fables et de poèmes. Pourquoi un roman ?

Christian Hersan : Il faut un nom pour être publié en poésie. peut-être étais-je un peu fatigué de me battre... Mais ce n'est pas une découverte, c'est un retour au roman. Les déclencheurs en ont été ma peur du monde actuel, de la détérioration de la terre , des catastrophes et des guerres que cela pourrait engendrer, mais aussi mon amour de la simplicité. Je voulais écrire quelque chose de simple.

 

Vous avez quand même gardé une place pour la poésie !

Oui, et pas seulement à travers des poèmes. J'ai voulu que l'écriture soit poétique. Quel plaisir de décrire ce bord de mer... Le roman donne une grande liberté, permet d'exprimer plus de choses et plus précisément car on n'a pas la contrainte du rythme ni de la rime.

 

La mer est le personnage principal de cette histoire...

Oui, ce roman a railleurs failli s'appeler "L'hymne à la mer". Je suis né avec une écoute entre les mains. La voile est ma passion première. J'ai beaucoup navigué et même conçu et construit des voiliers. Mais "Jos" n'est pas autobiographique, même s'il y a des clins d'oeil à l'une de mes petites filles et à certaines de mes navigations.

 

Cette belle histoire est une escapade dans la prose ou un nouveau cap ?

Je peaufine un autre roman qui doit sortir dans deux mois chez le même éditeur. Ce ne sera pas une suite, mais la nature, la mer, la simplicité, la rusticité y ont aussi une place d'importance. Mais j'ai également en tête une mise au point sur la défense de la langue française et un essai sur les dérives de notre société... Écrire est mon yoga.

                                                                                                                                                            Le télégramme 6 octobre 2016

 

 

 

L'amour plus fort que l'arthrite

 Tomber amoureuse à 77 ans. C'est la jolie histoire imaginée par Isabelle Le Corre Morvan, en dédicace ce week-end à Auray.

Obligée par sa fille à vivre en maison de retraite, Gisèle déprime. Entre l'interdiction de sortir, les repas insipides et des résidents qui perdent la tête, la septuagénaire supporte de moins en moins son quotidien. Heureusement, un jour, arrive Jean. Le coup de foudre est immédiat. Ensemble, les deux amoureux redécouvrent le désir et la liberté. Adoubée par Amélie Nothomb

Cette histoire, c'est celle que raconte Isabelle Le Corre Morvan dans son livre Ma plus belle saison . « L'amour et la vieillesse, c'est un sujet tabou , regrette-t-elle. Alors qu'il arrive très souvent que des personnes âgées tombent amoureuses. »

 Inspirée par l'expérience de son père, atteint d'Alzheimer, Isabelle Le Corre Morvan voulait parler de la vie en maison de retraite, « car, en général, les résidents en ressortent entre quatre planches sans avoir l'occasion de témoigner. Plus on vieillit, plus on est infantilisés. »

 En 2013, c'est parti. L'écrivaine débutante autoédite son livre. Les 400 exemplaires s'écoulent très vite. Et celle qui est formatrice à la SNCF dans la vie de tous les jours, reçoit même des

éloges de ses pairs, Éric Naulleau et « Amélie Nothomb, qui m'a appelée en me disant que mon roman était une petite merveille » .

Aujourd'hui, Ma plus belle saison  vient d'être réimprimé par les éditions Mané Huily .

L'occasion pour son auteur de mieux faire connaître cette histoire « qui n'est qu'une goutte d'eau pour montrer qu'en vieillissant, on ne perd ni son cerveau, ni ses émotions » .

                                                                                                                                Fanny LAISON Ouest France, mars 2016

 

 

Nouvelle enquête du gendarme Lacontelli

 

Après la trilogie Arradon, puis ses Chroniques de la vie rennaise, Hubert Hervé revient dans son cher golfe du Morbihan pour une nouvelle enquête criminelle. Les lecteurs de ce Rennais venu tard au métier d'écrivain savent son habilité à nouer des intrigues diaboliques : La Chimère n'est pas en reste. Il convient pour éviter tout malentendu de ne se fier ni au titre ni à l'énigmatique portrait de femme figurant en couverture. car en réalité, rien de chimérique dans ce double meurtre mis en scène par Hubert Hervé entre Vannes et Auray. Quant à la victime, certes belle femme, elle est moins jeune que l'image.

Dans ce roman policier on retrouve (avec plaisir) le gendarme enquêteur déjà à l'oeuvre dans les titres précédents : Émile Lacontelli, aimable et perspicace, figure de l'honnêteté et de l'efficacité, serait un homme banal n'était son homosexualité affichée, cette vie qu'il partage avec Frédéric, médecin légiste, bien utile dans les affaires criminelles. Les coups de sang de l'enquête sont entrecoupés de paisibles tableaux de famille autour de la bonne table des parents d'Émile.

Quant aux meurtres, on n'en dira rien ici, sinon que leur énigme reste indéchiffrable quasiment jusqu'à la fin du récit. Une bonne demi-douzaine de suspects crédibles s'offrent en effet à nous avant que l'on découvre l'existence d'une machination collective, fruit de haines multiples accumulées contre la même femme. Tout cela se lit avec plaisir et entrain. On retient entre autres, la bonne mécanique des dialogues.                                                      GEORGES GUITTON

Article paru dans le N° 39 de Place Publique (janvier/février 2016) 

Une série de chroniques dévoile l'âme de Rennes

 

L'écrivain rennais Hubert Hervé a publié le premier tome d'une série de chroniques rennaises. Faits réels et personnages fictifs se côtoient, dans ce portrait de la ville, au début des années 2000.

 

L'accident du 1er janvier 2003 sur le Boulevard de la Liberté impliquant des policiers, la sulfureuse pièce de théâtre L'épreuve du feu, mise en scène par Stanislas Nordey au TNB, l'arrivée de Vahid Halihodzic comme entraîneur des Rouges et Noir... Ces faits sonnent familièrement à l'oreille des Rennais. Ils font partie de la matière qu'a choisie l'écrivain de polars, Hubert Hervé, pour son nouveau projet, "Oscar, ou les chroniques ordinaires de la vie rennaise". Le premier volume couvre la période de septembre 2002 à septembre 2004. La série pourrait s'étaler sur cinq tomes, soit jusqu'en 2012.

"C'est ma façon de m'intégrer à la ville. Après avoir vécu à Vannes, je suis arrivé à Rennes en 2002, quelques mois après l'inauguration de la première ligne de métro, un élément qui a changé beaucoup de choses dans les habitudes des gens", explique l'écrivain.

 

"Chaque ville a sa personnalité."

 

A travers les quatre-vingt-huit premières chroniques et avec un fil rouge - l'assassinat d'un SDF issu d'une bonne famille, une affaire fictive - l'auteur fait ressortir l'âme de la ville. Culture, vie étudiante et soirées trop arrosées, vie politique, il tend ainsi un miroir aux Rennais. "Chaque ville a une personnalité propre. Au premier abord, Rennes n'est pas forcément séductrice, mais quand on y vit, on la découvre beaucoup moins froide qu'elle n'y paraît." Un long travail de recherches, "à relire un à un les Ouest-France à la bibliothèque des Champs libres", a été nécessaire pour bâtir ce portrait de la ville. "Le personnage principal, c'est Rennes."

C'est à travers ce prisme que l'écrivain a choisi les événements qu'il a fait revivre à ses personnages, tous fictifs, dont l'un d'eux, Oscar, donne son nom au premier volume. Flics, psy, étudiants, comédiens, médecins, SDF, tous les milieux se croisent dans ces courtes chroniques et l'auteur prend un malin plaisir à lier le destin de ses personnages. Si parfois, les clichés ne sont pas loin - l'aventure d'une étudiante avec son professeur, puis avec un journaliste -, ce premier recueil brasse une brochette de personnages attachants. "On les retrouvera dans les prochains tomes, certains s'effaceront, d'autres prendront plus d'ampleur", prévient Hubert Hervé. Loin d'être une simple chronologie de la vie rennaise des années 2000, l'ouvrage donne à voir une certaine image de la ville que le lecteur, rennais ou non, prendra plaisir à découvrir.

 

Marie MERDRIGNAC

 

Article paru dans Ouest France Rennes, du Jeudi 20 août 2015

 

 

Charmante chronique du Rennes "bobo"

Après quelques romans policiers dont l’un eut le mérite de faire resurgir l’abominable crime d’épuration dont la commune de Monterfil fut le théâtre en 1944, Hubert Hervé nous propose un autre registre, en prise avec la réalité de Rennes. Ses « chroniques ordinaires de la vie rennaise » possèdent un indéniable charme de lecture dû notamment à la liberté de ton et à la fluidité de la narration. On peut qualifier de réussite cet essai assez périlleux dans la mesure où il mêle la relation factuelle des événements locaux des années 2002-2004 avec une fiction romanesque qui doit tout à l’imagination de l’auteur. Mieux, Hubert Hervé entrelace ou entrelarde sa chronique avec un vrai roman policier qui part du meurtre d’un jeune SDF sur la place Sainte-Anne, dont est témoin le « héros » Oscar Kératry (médecin rue du Pré-Botté) avec son compagnon prof à Zola. L’énigme se résout trois cents pages plus loin non sans avoir traversé l’infamie d’un pacte criminel et familial fomenté par la haute bourgeoisie rennaise.

 

Mais le plus important, c’est la chronique des jours rennais telle que l’auteur l’a reconstituée grâce à la consultation des numéros de Ouest-France. Cette chronologie, il a voulu qu’elle démarre en 2002, année de l’inauguration du métro. Les scènes bien troussées se succèdent qui conduisent à l’incendie du manège de la place de la Mairie, au mouvement social des intermittents, aux licenciements et à la lutte des STM, au match Rennes-Sedan, à la soirée de victoire cantonale que le PS fête à la harpe, aux Transmusicales, etc. Au total, « quatre-vingt-huit fables », comme dit l’auteur qui a eu le souci réaliste de mettre dans la bouche des vrais citoyens rennais les vraies phrases qu’ils ont pu prononcer. Au-delà du réveil de la mémoire, ce charmant ouvrage reflète aussi une certaine « âme rennaise » ou disons d’une manière plus restreinte une certaine classe sociale visible à Rennes : cultivée, de gauche, mondialiste, ouverte, assidue du TNB, assez impliquée politiquement… Bref une classe culturelle un brin bobo souvent sur l’avant-scène de la ville tout en ayant des scrupules à apparaître seule dans le paysage urbain.                                                                 GEORGES GUITTON

  

Article paru dans le N° 34 de Place Publique (mars/avril 2015)