Debout !

03/08/2020 - Laure Besnier

 

Rennes : un livre avec le centre historique de la ville pour décor

L'action du roman "Debout !" paru aux éditions Mané Huily se déroule dans le centre historique de Rennes. Le narrateur ? Un chien, Albert. Rencontre avec l'auteur, Philippe Borsoï.

 

« Mon monde à moi, c’est le centre historique de Rennes (la partie nord-est du vieux quartier, pour être plus précis). J’ai passé ma vie à déambuler à l’intérieur du triangle de béatitude éternelle tracé par saint Pierre, saint Martin et saint Melaine, avec pour itinéraire principal l’axe place Hoche – parc du Thabor, dans un sens comme dans l’autre ». 

C’est ainsi qu’Albert plante le décor, quasiment dès les premières lignes du roman Debout !. Albert, c’est le chien de Kristen, SDF à Rennes. Un drôle de narrateur pour le livre écrit par le Breton Philippe Borsoï, son deuxième, paru aux éditions rennaises Mané Huily. 

L’ouvrage se déroule dans le centre historique rennais, au moment de la Coupe du monde, en 2018. Actu Rennes a rencontré son auteur vendredi 31 juillet 2020 dernier. 

 

Le pitch

« Depuis qu’il dort sur des journaux, Albert, chien fidèle de Kristen, s’intéresse au foot autant qu’au dérèglement climatique. Il se préoccupera aussi du sort de sa jeune maîtresse SDF dès lors qu’un inconnu lui offrira un premier livre. Conte, farce ou tragédie ? Une chose est sûre, le cœur historique de Rennes en est le théâtre ».

 

L’écriture sur le tard

« Je me suis mis à lire, puis à écrire très tard » se souvient Philippe Borsoï, « j’étais dyslexique ». L’actuel habitant de Séné, près de Vannes, a exercé « une dizaine de métiers différents » – Le futur auteur a travaillé sur des chantiers, a été déménageur, régisseur théâtre… « je passais du bâtiment à la scène sans aucun problème » s’amuse-t-il – et déménagé « une trentaine de fois ». 

Mais c’est un travail en particulier qui change la donne. « Exercer le métier de concepteur-rédacteur en publicité m’a permis de me diriger vers les mots », explique Philippe Borsoï. « C’était intéressant : il fallait dire un maximum de choses en un minimum de mots. L’écriture dense m’a plu ».

En 2017, l’écrivain publie un premier ouvrage, baptisé Soixante-quinze mètres, aux éditions Le mot et le reste. 

 

Rencontres rennaises

Il y a quelques années, Philippe Borsoï a travaillé à Rennes, chez Phileas, une agence de publicité – aujourd’hui appelée Why. « J’avais un studio situé au numéro 42 de la rue Saint-Melaine ». C’est là qu’il rencontre trois personnes SDF. « Elles étaient vraiment super cool, on discutait ». 

Alors que lui vient l’idée d’écrire un roman avec pour personnages des SDF, l’homme demande à ses nouvelles rencontres s’il peut leur poser des questions. Ces dernières acceptent. « À force, une histoire s’est créée ». 

 

Pour la raconter, Philippe Borsoï choisit le point de vue d’un chien, Albert. « On peut le faire réagir comme un humain, mais avec des questionnements de chien » s’amuse-t-il. 

Ainsi, Albert lit les journaux, s’inquiète du réchauffement climatique et s’intéresse à la Coupe du monde. Par ailleurs, l’auteur précise que toutes les informations présentes dans le livres – coupures de journaux ou déroulement des différents matchs – sont « rigoureusement exactes » afin de donner un effet de réel. Avec ce narrateur original, « on pense aller dans une histoire amusante, alors que quelque chose de vraiment tragique se joue » prévient Philippe Borsoï. 

 

« On y sent le poids de l’histoire »

En 2018, Philippe Borsoï passe son avant-dernier été à Rennes. C’est là qu’il assiste aux matchs de la Coupe du monde : 

J’ai vu les terrasses pleines et les zonards, en marge du truc. Il y avait une ambiance, quelque chose de festif, d’électrique et en même temps quelque chose d’apocalyptique. 

L’ambiance de la capitale bretonne n’a pas cessé d’inspirer l’auteur : « Rennes, ça grouille. C’est assez hétéroclite et on y sent le poids de l’histoire » conclut-il. 

Les librairies dans lesquelles les ouvrages des éditions Mané Huily sont disponibles sont répertoriées à cette adresse. Debout ! coûte 17€. 

 


Debout !

19/07/2020 - Viviane Van Voorhees

 

Une vie de chien sous la plume du Sinagot Philippe Borsoï

« Debout ! » C’est le titre du nouveau roman du Sinagot Philippe Borsoï. Une singulière histoire de chien et de zonards au cœur de Rennes.

À force de boire des bières en discutant avec les SDF de la rue Saint-Melaine à Rennes, Philippe Borsoï a su qu’il tenait là le sujet de son deuxième roman. « Je ne sais pas très bien comment qualifier ces jeunes : zonards, marginaux, sans-abri ? En revanche, eux m’ont tout de suite dit que j’avais une vraie tête d’écrivain ! ».

 

Une tête, certes. Mais aussi un style : dense, drôle, inventif, pour celui qui va se glisser dans la peau d’Albert, le sympathique chien de Kristen, jeune paumée des rues, débordante d’affection envers son compagnon à quatre pattes.

Au fil des matchs de la Coupe du monde, le lecteur suit les déambulations d’Albert et de ses acolytes sur les pavés du vieux Rennes. On est en 2018. Les nuits d’été sont aussi chaudes que les journées caniculaires dans le parc du Thabor. Elles exacerbent les pulsions érotiques d’Albert, par ailleurs très concerné par le dérèglement climatique, tandis que sa maîtresse, la jolie Kristen vagabonde de poésies en amours incertaines.

 

Le Télégramme Vannes dans l’histoire

Ancien concepteur-rédacteur pour une agence de presse, Philippe Borsoï maîtrise l’art et la manière d’accrocher son lecteur. « Dans ce roman, j’ai voulu donner une dimension surréaliste à des histoires réelles. Ecrire à la fois une tragédie, une farce, un conte, en passant d’un style à l’autre ».

Quel destin attend Kristen et son fidèle Albert ? Un seul indice : l’édition vannetaise du Télégramme occupe une place inattendue dans la fin de l’histoire…

Pratique : « Debout ! » de Philippe Borsoï, éditions Mané Huily (17 €). L’auteur sera présent au salon du livre de Séné, le 26 juillet.

Facebook : Philippe Borsoï


Debout !

15/07/2020

 

Séné. Son conte moderne fait parler un chien de rue

Philippe Borsoï, écrivain, Sinagot depuis douze ans, a écrit une histoire dont le décor est le cœur historique de Rennes.

Albert est un chien en verve et pour qu’il dorme au propre, Kisten, sa maîtresse SDF va tous les jours récupérer les journaux de veille.

Albert dort donc sur des journaux dont il lit et commente l’actualité. Il s’intéresse au foot, au dérèglement climatique… « Le chien raconte tout à la première personne. Cette forme de narration est une façon de faire dire à un chien des choses qu’un ne peut pas faire dire à un humain, explique l’auteur. Albert est un chien très sensible qui se désole de la fonte des glaciers, mais qui se rassure car la France gagne la Coupe du monde. »

« Je souhaite aller au contact des lecteurs et serai présent au 5e Salon du livre, le 26 juillet. » 

Debout ! est disponible au café librairie Marré Pages, de Séné. Contact : ed@manehuliy.com

Édition Mané Huily - 17€


Visionnez la vidéo d'Yves Gourvil parlant de son roman Les fous furieux du bas-côté


 Cette vie qui dure l'espace d'un cri

Auteur de huit ouvrages, Hubert Hervé s'est fait connaître, entre autres, par son roman In nomine patris, inspiré du drame des femmes pendues de Monterfil. Sur le même sujet, il a écrit la véritable histoire de ce drame de l'épuration sous le titre Condamné au secret qui, en portant au grand jour ce triste épisode de l'histoire locale, a participé à la réhabilitation officielle des trois victimes de la barbarie par les autorités locales de Monterfil et d'Iffendic le 8 mai 2016.

Hubert Hervé vient d'éditer un nouveau roman Cette vie qui dure l'espace d'un cri. Il s'agit d'une enquête policière ayant pour cadre les rivages du golfe du Morbihan. Deux jeunes étudiants s'aiment durant les journées chaudes de mai 1968, au Quartier latin à Paris. La vie les sépare et cinquante ans plus tard, l'égoïsme de l'un et l'innocence de l'autre forment les ingrédients de règlements de comptes dramatiques.

 

Ouest-France - 5 mars 2018

 


 Les égarées

Hubert Hervé romance Séné et la Bretagne

Auteur de livres dont l'action se déroule en Bretagne, Hubert Hervé, 67 ans, qui demeure depuis une douzaine d'années à Montsarrac, est l'un des auteurs les plus renommés de Séné.

Ayant vécu une bonne partie de son enfance à Arradon, Hubert Hervé y a placé l'intrigue de ses premiers romans. 

Une série de romans policiers

Hubert Hervé a écrit huit romans policiers, dont l'action démarre régulièrement à Vannes, ou à Séné, comme dans La chimère, centré autour d'un capitaine de gendarmerie, Emile Lacontelli.

Les ouvrages d'Hubert Hervé sont disponibles dans les librairies ou par commande, sur internet, à www.editionsmanehuily.com

 

Hubert De Quillacq, Ouest-France - 15 août 2017

 


 Cédric

Le destin de Cédric

 

Après Jos il y a quelques mois, l'auteur sinagot Christian Hersan sort un nouveau roman : Cédric. Au fil des pages, on accompagne le héros depuis les premières années de son enfance insouciante en pays nantais en 1939 jusqu'au temps de l'errance à Séné après une blessure pendant la guerre d'Algérie.

"Pour la famille, j'avais envie de raconter l'histoire de mon père. Sa manière de résister n'est pas dans les livres d'histoire. Il n'a rien fait d'extraordinaire, mais je suis fier de lui", raconte l'auteur. Une histoire qui pourrait se résumer par l'expression : " rouler dans la farine". "L'autobiographie est à manier avec précaution, pour ne pas s'enliser dans la routine ou se contenter de la banalité".

 

Roman, révolte et rimes

Christian Hersan a donc gardé sa liberté de plume pour donner de la profondeur au destin de Cédric. Le roman est donc aussi une double histoire d'amour. Celle du jeune philosophe et d'une jolie volleyeuse aux sourcils en ailes de mouette, mais aussi celle de l'auteur pour sa planète. "J'aurais pu faire un essai sur la vanité du progrès à l'excès, sur l'absurdité de la société de consommation et de la croissance. J'ai préféré le roman". Sans doute pour le plaisir de la langue, pour dépeindre les paysages qu'il aime arpenter chaque jour. Sans doute également pour pouvoir lever le voile avec plus d'émotion sur la guerre d'Algérie et ne pas en laisser le récit de ces "évènements" aux seuls historiens. Le roman lui permet enfin de donner, de temps à autre, la parole directement à Cédric qui trouve dans la poésie une soupape à ses émotions.

Grand amoureux des langues, Christian Hersan continuera sans doute dans la voie du roman, mais un autre sujet lui tient pour l'instant à coeur. "Depuis des années, je pense à un livre sur la défense de la langue française..." Devant le raz-de-marée des anglicismes, ce sera le prochain combat de sa plume.

 

Catherine Lozach, Le Télégramme - 17 janvier 2017

 


 Christian Hersan met cap sur le roman

Depuis qu'il est à la retraite, Christian Hersan assouvit avec assiduité sa passion pour l'écriture. Un engouement qui prend des formes aussi variées que les fables ou les maximes, les nouvelles ou le glossaire. Le Sinagot vient de publier un roman.

L'essentiel de votre oeuvre est composé de fables et de poèmes. Pourquoi un roman ?

Christian Hersan : Il faut un nom pour être publié en poésie. peut-être étais-je un peu fatigué de me battre... Mais ce n'est pas une découverte, c'est un retour au roman. Les déclencheurs en ont été ma peur du monde actuel, de la détérioration de la terre , des catastrophes et des guerres que cela pourrait engendrer, mais aussi mon amour de la simplicité. Je voulais écrire quelque chose de simple.

 

Vous avez quand même gardé une place pour la poésie !

Oui, et pas seulement à travers des poèmes. J'ai voulu que l'écriture soit poétique. Quel plaisir de décrire ce bord de mer... Le roman donne une grande liberté, permet d'exprimer plus de choses et plus précisément car on n'a pas la contrainte du rythme ni de la rime.

 

La mer est le personnage principal de cette histoire...

Oui, ce roman a d'ailleurs failli s'appeler L'hymne à la mer. Je suis né avec une écoute entre les mains. La voile est ma passion première. J'ai beaucoup navigué et même conçu et construit des voiliers. Mais Jos n'est pas autobiographique, même s'il y a des clins d'oeil à l'une de mes petites filles et à certaines de mes navigations.

 

Cette belle histoire est une escapade dans la prose ou un nouveau cap ?

Je peaufine un autre roman qui doit sortir dans deux mois chez le même éditeur. Ce ne sera pas une suite, mais la nature, la mer, la simplicité, la rusticité y ont aussi une place d'importance. Mais j'ai également en tête une mise au point sur la défense de la langue française et un essai sur les dérives de notre société... Écrire est mon yoga.

 

Le Télégramme - 6 octobre 2016

 


 L'amour plus fort que l'arthrite

Tomber amoureuse à 77 ans. C'est la jolie histoire imaginée par Isabelle Le Corre Morvan, en dédicace ce week-end à Auray.

Obligée par sa fille à vivre en maison de retraite, Gisèle déprime. Entre l'interdiction de sortir, les repas insipides et des résidents qui perdent la tête, la septuagénaire supporte de moins en moins son quotidien. Heureusement, un jour, arrive Jean. Le coup de foudre est immédiat. Ensemble, les deux amoureux redécouvrent le désir et la liberté.

Adoubée par Amélie Nothomb

Cette histoire, c'est celle que raconte Isabelle Le Corre Morvan dans son livre Ma plus belle saison . « L'amour et la vieillesse, c'est un sujet tabou, regrette-t-elle. Alors qu'il arrive très souvent que des personnes âgées tombent amoureuses. »

Inspirée par l'expérience de son père, atteint d'Alzheimer, Isabelle Le Corre Morvan voulait parler de la vie en maison de retraite, « car, en général, les résidents en ressortent entre quatre planches sans avoir l'occasion de témoigner. Plus on vieillit, plus on est infantilisés. »

En 2013, c'est parti. L'écrivaine débutante autoédite son livre. Les 400 exemplaires s'écoulent très vite. Et celle qui est formatrice à la SNCF dans la vie de tous les jours, reçoit même des éloges de ses pairs, Éric Naulleau et « Amélie Nothomb, qui m'a appelée en me disant que mon roman était une petite merveille » .

Aujourd'hui, Ma plus belle saison  vient d'être réimprimé par les éditions Mané Huily.

L'occasion pour son auteur de mieux faire connaître cette histoire « qui n'est qu'une goutte d'eau pour montrer qu'en vieillissant, on ne perd ni son cerveau, ni ses émotions » .

 

Fanny LAISON,  Ouest-France - mars 2016

 


 Nouvelle enquête du gendarme Lacontelli

 Après la trilogie Arradon, puis ses Chroniques de la vie rennaise, Hubert Hervé revient dans son cher golfe du Morbihan pour une nouvelle enquête criminelle. Les lecteurs de ce Rennais venu tard au métier d'écrivain savent son habilité à nouer des intrigues diaboliques : La Chimère n'est pas en reste. Il convient pour éviter tout malentendu de ne se fier ni au titre ni à l'énigmatique portrait de femme figurant en couverture. car en réalité, rien de chimérique dans ce double meurtre mis en scène par Hubert Hervé entre Vannes et Auray. Quant à la victime, certes belle femme, elle est moins jeune que l'image.

Dans ce roman policier on retrouve (avec plaisir) le gendarme enquêteur déjà à l'oeuvre dans les titres précédents : Émile Lacontelli, aimable et perspicace, figure de l'honnêteté et de l'efficacité, serait un homme banal n'était son homosexualité affichée, cette vie qu'il partage avec Frédéric, médecin légiste, bien utile dans les affaires criminelles. Les coups de sang de l'enquête sont entrecoupés de paisibles tableaux de famille autour de la bonne table des parents d'Émile.

Quant aux meurtres, on n'en dira rien ici, sinon que leur énigme reste indéchiffrable quasiment jusqu'à la fin du récit. Une bonne demi-douzaine de suspects crédibles s'offrent en effet à nous avant que l'on découvre l'existence d'une machination collective, fruit de haines multiples accumulées contre la même femme. Tout cela se lit avec plaisir et entrain. On retient entre autres, la bonne mécanique des dialogues.

 

Georges Guitton, N° 39 de Place Publique - Janvier/février 2016 

 


Une série de chroniques dévoile l'âme de Rennes

 

L'écrivain rennais Hubert Hervé a publié le premier tome d'une série de chroniques rennaises. Faits réels et personnages fictifs se côtoient, dans ce portrait de la ville, au début des années 2000.

 

L'accident du 1er janvier 2003 sur le Boulevard de la Liberté impliquant des policiers, la sulfureuse pièce de théâtre L'épreuve du feu, mise en scène par Stanislas Nordey au TNB, l'arrivée de Vahid Halihodzic comme entraîneur des Rouges et Noir... Ces faits sonnent familièrement à l'oreille des Rennais. Ils font partie de la matière qu'a choisie l'écrivain de polars, Hubert Hervé, pour son nouveau projet, Oscar, ou les chroniques ordinaires de la vie rennaise. Le premier volume couvre la période de septembre 2002 à septembre 2004. La série pourrait s'étaler sur cinq tomes, soit jusqu'en 2012.

"C'est ma façon de m'intégrer à la ville. Après avoir vécu à Vannes, je suis arrivé à Rennes en 2002, quelques mois après l'inauguration de la première ligne de métro, un élément qui a changé beaucoup de choses dans les habitudes des gens", explique l'écrivain.

 

"Chaque ville a sa personnalité." 

A travers les quatre-vingt-huit premières chroniques et avec un fil rouge - l'assassinat d'un SDF issu d'une bonne famille, une affaire fictive - l'auteur fait ressortir l'âme de la ville. Culture, vie étudiante et soirées trop arrosées, vie politique, il tend ainsi un miroir aux Rennais. "Chaque ville a une personnalité propre. Au premier abord, Rennes n'est pas forcément séductrice, mais quand on y vit, on la découvre beaucoup moins froide qu'elle n'y paraît." Un long travail de recherches, "à relire un à un les Ouest-France à la bibliothèque des Champs libres", a été nécessaire pour bâtir ce portrait de la ville. "Le personnage principal, c'est Rennes."

C'est à travers ce prisme que l'écrivain a choisi les événements qu'il a fait revivre à ses personnages, tous fictifs, dont l'un d'eux, Oscar, donne son nom au premier volume. Flics, psy, étudiants, comédiens, médecins, SDF, tous les milieux se croisent dans ces courtes chroniques et l'auteur prend un malin plaisir à lier le destin de ses personnages. Si parfois, les clichés ne sont pas loin - l'aventure d'une étudiante avec son professeur, puis avec un journaliste -, ce premier recueil brasse une brochette de personnages attachants. "On les retrouvera dans les prochains tomes, certains s'effaceront, d'autres prendront plus d'ampleur", prévient Hubert Hervé. Loin d'être une simple chronologie de la vie rennaise des années 2000, l'ouvrage donne à voir une certaine image de la ville que le lecteur, rennais ou non, prendra plaisir à découvrir.

 

Marie MERDRIGNAC, Ouest-France Rennes - Jeudi 20 août 2015

 


 Charmante chronique du Rennes "bobo"

Après quelques romans policiers dont l’un eut le mérite de faire resurgir l’abominable crime d’épuration dont la commune de Monterfil fut le théâtre en 1944, Hubert Hervé nous propose un autre registre, en prise avec la réalité de Rennes. Ses « chroniques ordinaires de la vie rennaise » possèdent un indéniable charme de lecture dû notamment à la liberté de ton et à la fluidité de la narration. On peut qualifier de réussite cet essai assez périlleux dans la mesure où il mêle la relation factuelle des événements locaux des années 2002-2004 avec une fiction romanesque qui doit tout à l’imagination de l’auteur. Mieux, Hubert Hervé entrelace ou entrelarde sa chronique avec un vrai roman policier qui part du meurtre d’un jeune SDF sur la place Sainte-Anne, dont est témoin le « héros » Oscar Kératry (médecin rue du Pré-Botté) avec son compagnon prof à Zola. L’énigme se résout trois cents pages plus loin non sans avoir traversé l’infamie d’un pacte criminel et familial fomenté par la haute bourgeoisie rennaise.

Mais le plus important, c’est la chronique des jours rennais telle que l’auteur l’a reconstituée grâce à la consultation des numéros de Ouest-France. Cette chronologie, il a voulu qu’elle démarre en 2002, année de l’inauguration du métro. Les scènes bien troussées se succèdent qui conduisent à l’incendie du manège de la place de la Mairie, au mouvement social des intermittents, aux licenciements et à la lutte des STM, au match Rennes-Sedan, à la soirée de victoire cantonale que le PS fête à la harpe, aux Transmusicales, etc. Au total, « quatre-vingt-huit fables », comme dit l’auteur qui a eu le souci réaliste de mettre dans la bouche des vrais citoyens rennais les vraies phrases qu’ils ont pu prononcer. Au-delà du réveil de la mémoire, ce charmant ouvrage reflète aussi une certaine « âme rennaise » ou disons d’une manière plus restreinte une certaine classe sociale visible à Rennes : cultivée, de gauche, mondialiste, ouverte, assidue du TNB, assez impliquée politiquement… Bref une classe culturelle un brin bobo souvent sur l’avant-scène de la ville tout en ayant des scrupules à apparaître seule dans le paysage urbain.

 

Georges Guitton, N° 34 de Place Publique - Janvier/février 2016